Rappel, on dit qu'un nombre est algébrique s'il est une racine d'un polynome à coefficients entiers. Un nombre transcendant est un nombre qui n'est pas algébrique.
Théorème Lindemann-Weierstrass:
K, a, b, c,... : algébriques non nul, α, β, γ ... algébriques distints.
La démontration se fait en 4 étapes:
Etape A:
Lemme A:
K, c : entiers non nul, β
i les conjugués distints (les racines distintes d'un polynome à coeff entiers T(x)=vx
m+...+u)
Démontration:
L'idée c'est trouver une suite d'entiers NON NUL qui converge vers zéro.
On pose:
 = \frac{v^{mp}x^{p-1}}{(p-1)!}(x-\beta_1)^p(x-\beta_2)^p ... (x-\beta_m)^p)
Avec p=premier
et
=\int_0^s e^{s-x} f(x)dx)
Avec s=complexe
I(s) c'est donc un nombre complexe, l'intégrale se fait sur n'importe quel chemin de 0 à s
C'est I(s) que nous allons étudier.
I. Majoré I(s):
|x| <= |s|, |x-s| <= |s|
|e
s-x| <= |e
R(s-x)| <= e
|s|
|f(x)| <= f*(|x|) <= f*(|s|)
on a:
<= |s|e
|s|f*(|s|)
ça donne:
|I(s)|<= |s|e
|s| |v|
mp|s|
p-1(|s|+|β
1|)
p(|s|+|β
2|)
p...(|s|+|β
m|)
p
<= |s|e
|s| |v|
mp|s|
p-1(|s|+|β|)
mp ou |β| = max des |β
i|
donc
|I(s)|<= A M
p/(p-1)! qui tend vers 0 quand p ----> infini
II. Relation Hermite:
=\int_0^s e^{s-x} f(x)dx)
Avec s=complexe
Intégration par partie
u = f(x) u' = f'(x)
v = e
s-x V = -e
s-x
finalement (relation Hermite) :
Où n = d°f = mp+p-1
Appliquer cette relation à β
i et sommons sur i
posons:
voyons de plus prés le terme:
au lieu de sommer en lignes j (puis en colonnes i) , on ne voit rien !!! par contre si on somme en colonnes i d'abord (puis en lignes j) alors là on voit quelque chose.
En effet en sommant en colonne i le résultat est un nombre entier , non seulemnt c'est un nombre entier mais en plus c'est un multiple de p.
permutons donc les 2 sommes.
III. Etudier les sommes:
et
Voyons de plus pres f
(j)(0) et f
(j)(β
i)
Pour f
(j)(0) :
cas j < p-1 ===> f
(j)(0) = 0 car il y a le facteur x dans le produit
pour j = p-1 on utilise la formule de Taylor:
....+ f
(p-1)(0)x
(p-1)/(p-1)!+ ... = x
p-1(x-β
1)
p(x-β
2)
p...(x-β
m)
p/(p-1)!
or
f
(p-1)(0) est le terme constant de (x-β
1)
p(x-β
2)
p...(x-β
m)
p
donc pour j = p-1 ===> f
(p-1)(0) = v
mp(β
1β
2...β
m)
p
cas j >= p ===> f
(j)(0) = 0 (mod p) (voir ci-dessus)
Pour f
(j)(β
i) :
cas j < p-1 ===> f
(j)(β
i) = 0 car il y a le facteur x-β
i dans le produit
cas j = p-1 ===> f
(p-1)(β
i) = 0 car il y a le facteur x-β
1 dans le produit
pour j >= p écrivons f(x) autrement
d'où
donc
cas j >= p ===> f
(j)(β
i) = pA
i A
i=complexe (c'est ici on a besoin 1/(p-1)! pour qu'il reste p au lieu de p!)
En resumé:
on a:
f
(p-1)(0) = v
mp(β
1β
2...β
m)
p
f
(j)(β
i) = pA
i pour j<>p-1 avec A
i=complexe
donc
f
(j)(β
i) est de la forme pA
i ou A
i est un nombre complexe donc on ne peut pas parler de 'modulo' !!
par contre la some
(que nous allons démontrer ) est un nombre entier !!
=\sum_{i=1}^mf^{(j)}(\beta_i))
c'est un polynome à coefficients entiers (car les f
( j ) sont des polynomes à coefficients entiers), symétrique en β
i donc d'après le théoreme des polynomes symétriques, il
existe un polynome h à coefficients entiers des polynomes élémentaires de β
1 , β
2 ,... β
m. tel que:
= h(\sigma_1,\sigma_2,...,\sigma_m) = rationnel)
car les
Car les β
i sont des racines d'un polynome à coefficients entiers
dans la définition de f(x) le v
mp chasse les dénominateurs ainsi g est un entier.
}(\beta_i))
est bien un entier
de plus c'est un entier = 0 (mod p) puisque f
(j)(β
i) = pA
i , A
i=complexe
donc pour chaque j on a:
}(\beta_i)=p\sum_{i=1}^ncA_i = pH_j )
H
j complexe
Comme c est un entier
}(\beta_i) = pH )
H entier
est bien un entier mod p
finalement
si on prend p > sup (|K|,|v|,|u|) on aura
B
p <>0 (mod p) donc B
p est un entier NON NUL alors que A
p tend vers 0 quand p tend vers infini donc contradition. On a donc:
Le lemme A est ainsi démontré.
Etape B:
Lemme B
K, a, b, ... : entiers non nul, αi conjugués distints, βi conjugués distints,...
Démontration:
Dans la démontration du lemme A, pour chaque somme
on a:
B1 = r1 (mod p) avec r1 entier positif
B2 = r2 (mod p) avec r2 entier positif
....
d'ou
B1 + B2 + ...= r1 + r2 ... (mod p)
donc il suffit de choisir p très grand (p > r1 + r2 ...) on aura
B1 + B2 + ... <>0 (mod p)
ainsi
Etape C:
K, a, b, c,... : entiers non nul, α, β, γ ... algébriques distints.
Démontration:
Supposons donc:
L'idée c'est d'ajouter les conjugés de α, β, γ ...
Soit A l'ensemble de tous ces conjugués:
et renommons les en
puis formons le produit suivant
En développant on trouve une somme de la forme suivante:
où
.....
Lorsqu'on permute
on permute 
Donc si on pose:
les
sont des racines d'un polynomes à coeff entiers
En effet soit a un coeff de P(x)
= f(\alpha_1,\alpha_2,...,\beta_1,\beta_2,...,\gamma_1,\gamma_2,...) )
f à coeff entiers, symétrique en 
Donc d'après le lemme B le produit ne doit pas être nul d'où la contradition.
Etape D:
K, a, b, c,... : algébriques non nul, α, β, γ ... algébriques distints.
Démontration:
Supposons que:
On applique sur les coeff le même raisonnement que sur les exposants: Ajoutons donc les conjugés de K,a,b,c, ....
et renommons les en
puis formons le produit suivant
En développant on trouve une somme de la forme suivante:
où
.....
Lorsqu'on permute
on permute 
donc les coeff sont rationnels:
 = f(K_1,K_2,...,a_1,a_2,...,b_1,b_2,...) )
f à coeff entiers, symétrique en K,a,b,c... donc a'=rationnel ,La somme ne doit pas être nul d'où la contradition
Le théorème est ainsi démontré.
Application:
e transcendant
supposons que e soit algébrique , il existe donc un polynome P(x) à coefficients entiers qui annulle e
P(e) = 0
ce n'est pas possible
π transcendant
on a:
ce qui oblige que iπ soit transcendant puis π transcendant
cos(x), sin(x), tg(x), ex ....
Puis la transcendance de cos(x), sin(x), tg(x) dèsque x est algébriques non nul en effet:
de même ln(x) est transcendant dèsque x algébrique <>1
En particulier:
cos(1), sin(1), ln(2), .....